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Guide des éco-modulations textile 2026 : ce que les marques doivent anticiper dès maintenant

Benjamin THOMAS
February 26, 2026
Sommaire
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Les éco-modulations Refashion 2026 sont un levier concret pour orienter l’éco-conception des produits textiles, du linge de maison et des chaussures. Leur logique est simple : récompenser les produits les plus vertueux via des primes, et pénaliser ceux dont la recyclabilité pose problème. Pour les marques, l’enjeu n’est donc pas seulement financier : il est aussi opérationnel, documentaire et stratégique.

Éco-contribution et éco-modulation : de quoi parle-t-on exactement ?

Tous les metteurs en marché de TLC relevant de la REP doivent s’acquitter d’une éco-contribution auprès de Refashion. Les éco-modulations viennent ensuite moduler ce cadre, sous forme de primes ou de pénalités, afin d’encourager les démarches d’éco-conception.

Le cahier des charges de la filière TLC prévoit notamment des primes liées à la durabilité, aux labels environnementaux et à l’incorporation de matières recyclées, ainsi que des pénalités liées à la recyclabilité.

En 2026, on retrouve donc 3 primes optionnelles et 1 dispositif obligatoire de pénalités :

  • la prime relative à la durabilité ;
  • la prime relative à la certification par des labels environnementaux ;
  • la prime relative à l’incorporation de matières premières issues du recyclage ;
  • la pénalité relative à la recyclabilité.

Ce qui change en 2026

Le guide Refashion 2026 n’introduit pas de refonte complète du système, mais plusieurs évolutions pratiques méritent l’attention des marques. Parmi les principaux changements : un nouveau formulaire Excel de pré-déclaration avec des listes obligatoires, des précisions sur la mutualisation des tests entre plusieurs références, une clarification sur les produits mis en marché en lot, une mise à jour des conditions opératoires pour les tests d’élasticité, une évolution des justificatifs GOTS, ainsi qu’une hausse du tarif des pénalités, alignée sur l’augmentation de l’éco-contribution.

Autrement dit, 2026 n’est pas une année de statu quo. Même quand les grandes familles d’éco-modulations restent identiques, les règles de preuve et les modalités déclaratives évoluent. Pour les marques, cela signifie qu’il faut revoir les process de collecte, de qualification produit et de dialogue avec les fournisseurs.

Prime n°1 : la durabilité des produits

La prime “durabilité” récompense la durabilité physique des produits, évaluée à partir de tests en laboratoire. Le cadre réglementaire prévoit un montant de référence de 0,70 € par unité pour les 100 000 premières pièces mises sur le marché par catégorie, puis 0,07 € au-delà, avec application d’un facteur multiplicatif selon la catégorie de produit. Refashion précise que les catégories et facteurs utilisés pour 2026 restent identiques à ceux de 2025.

Pour être recevables, les tests doivent être réalisés par un laboratoire accrédité ISO 17025. Le guide 2026 apporte aussi des précisions utiles pour les références multi-coloris : il faut bien déclarer l’ensemble des références-coloris concernées, fournir un ou plusieurs rapports de tests, et joindre les photos de tous les coloris. Refashion a par ailleurs précisé les règles de mutualisation des tests entre références, ce qui peut avoir un impact direct sur le coût et l’organisation des preuves.

Prime n°2 : la certification par des labels environnementaux

La prime “label” reste ouverte aux produits finis certifiés selon l’un des 8 labels listés par Refashion :

  • Ecocert ERTS niveau 2,
  • Oeko-Tex Made in Green,
  • Bluesign Product,
  • Fairtrade Textile,
  • Ecolabel Européen,
  • Demeter,
  • GOTS et
  • Bioré.

Le produit fini doit être certifié : une certification portant uniquement sur la matière première ne suffit pas. Le montant de référence prévu par le cahier des charges est de 0,30 € par unité pour les 100 000 premières pièces, puis 0,03 € au-delà, là aussi avec un facteur multiplicatif par catégorie.

Le point de vigilance 2026 concerne surtout GOTS. Refashion a mis à jour les justificatifs attendus, avec notamment la photo du produit fini étiqueté GOTS, le Scope Certificate couvrant la période de production concernée, et le Transaction Certificate mentionnant précisément les références. Dans certains cas de fabrication “à façon”, des documents complémentaires sont exigés, comme une attestation sur l’honneur du façonnier et un tableau de synthèse de traçabilité entre fils, tissu/tricot et produit fini.

Prime n°3 : l’incorporation de matières premières issues du recyclage

La prime liée aux matières recyclées vise les produits incorporant des matières premières issues du recyclage, sous réserve de critères stricts. Le cahier des charges distingue deux niveaux : 1 000 € par tonne pour les matières issues du recyclage de déchets TLC post-consommateur collectés ou soutenus par un éco-organisme agréé de la filière, et 500 € par tonne pour les matières issues d’un recyclage en boucle ouverte de déchets collectés ou soutenus par un autre éco-organisme agréé, hors résine plastique de grade alimentaire.

Cette prime ne s’applique pas aux matières issues de chutes de production, de produits invendus, ni du recyclage d’une résine alimentaire. Elle repose aussi sur un critère de proximité : la traçabilité doit démontrer que les étapes de tri, préparation au recyclage, recyclage et incorporation se situent dans un rayon maximal de 1 500 km depuis le point de collecte, ou à défaut dans un rayon de 1 000 km depuis le centre de tri situé en France, selon les cas prévus par Refashion.

La pénalité obligatoire : la recyclabilité

Depuis le 1er janvier 2025, les produits contenant certains perturbateurs du recyclage sont soumis à des pénalités. En 2026, cela concerne deux cas : la présence de fibres ou fils métalloplastiques, et la présence de composants électriques ou électroniques. Les deux pénalités sont cumulables sur une même référence. En revanche, un produit pénalisé ne peut pas bénéficier d’une prime.

Quel calendrier pour les marques ?

Le dispositif fonctionne en 3 temps.

D’abord, en 2026, les marques doivent pré-déclarer leurs références éligibles aux primes ou concernées par les pénalités, et transmettre les justificatifs pour les primes.

Ensuite, en 2027, elles déclarent les quantités réellement mises sur le marché pour les références pré-déclarées.

Enfin, après contrôle ou audit, Refashion verse les primes ou facture les pénalités à partir du 2e trimestre 2027.

Ce que les marques doivent faire maintenant

Le vrai sujet, pour 2026, n’est pas seulement de savoir si un produit peut toucher une prime. Il est de structurer la donnée produit, la preuve documentaire et la gouvernance interne suffisamment tôt pour éviter les oublis, les refus de dossiers ou les pénalités non anticipées.

Concrètement, cela suppose de :

  • cartographier les références potentiellement éligibles aux primes ;
  • identifier les produits exposés aux pénalités de recyclabilité ;
  • sécuriser les justificatifs laboratoires, labels et traçabilité matières ;
  • aligner les équipes produit, qualité, achats et RSE sur les règles Refashion ;
  • anticiper la déclaration 2027 en préparant dès 2026 un suivi par référence.

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