Affichage environnemental textile : ce qui change au 1er octobre 2026
Le 1er octobre 2026, un tiers peut publier le coût environnemental de vos produits sans votre accord. Ce qui change, ce qui ne change pas, comment agir.
Le 1er octobre 2026, un tiers peut publier le coût environnemental de vos produits sans votre accord. Ce qui change, ce qui ne change pas, comment agir.

L’affichage environnemental textile est le dispositif public qui informe les consommateurs, via un score (le “coût environnemental”), de l’empreinte environnementale d’un vêtement sur l’ensemble de son cycle de vie.
En dix mois d'existence, le portail de déclaration du coût environnemental a enregistré plus de 118 marques et 69 000 produits textiles. Aucune de ces marques n'y était contrainte : depuis son entrée en vigueur, le dispositif est volontaire.
Le 1er octobre 2026 ne met pas fin à ce caractère volontaire. Mais il change ce que « ne rien faire » signifie pour les marques. À partir de cette date, deux restrictions tombent, et l'une d'elles permet à un tiers de publier votre score à votre place, avec ses propres hypothèses.
Ce guide reprend l'ensemble du dispositif : ce qui change au 1er octobre 2026, comment le coût environnemental se calcule, qui est concerné, quelles données réunir, et comment communiquer sans se mettre en risque.
Depuis le 1err octobre 2025, seules les marques peuvent déposer un coût environnemental sur le portail de déclaration.
À partir du 1er octobre 2026, cette condition disparaît. Si une marque n'a pas publié le coût environnemental de ses produits, n'importe quel tiers peut le calculer et le publier : distributeur, ONG, association de consommateurs, bureau d'études, comparateur, média, concurrent.
Ce tiers s'appuiera au minimum sur les paramètres obligatoires. Pour tout le reste, il appliquera les valeurs par défaut d'Ecobalyse. Nous verrons en section 3 pourquoi ce point est déterminant : ces valeurs sont conservatrices, donc pénalisantes.
Second mécanisme, moins visible dans les commentaires du décret et pourtant plus large dans ses effets.
Toute entreprise qui communique déjà volontairement sur un aspect environnemental de ses produits textiles doit désormais afficher en parallèle le coût environnemental officiel, sans contradiction avec cette autre communication.
Ce qui déclenche l'obligation, concrètement :
L'affichage doit respecter la charte graphique ministérielle. Sa taille doit être au moins équivalente à celle des chiffres du prix, et au moins équivalente à celle de tout autre score agrégé d'impact environnemental communiqué sur la même référence.
Le paradoxe mérite d'être noté : les marques les plus avancées sur le sujet environnemental sont les premières concernées, tandis que celles qui n'ont jamais rien revendiqué ne sont soumises à aucune obligation nouvelle.
A lire aussi : Allégations environnementales : ce que l'ECGT change pour les marques de mode
Soyons précis, parce que beaucoup de contenus laissent entendre l'inverse : le décret ne rend pas l'affichage du coût environnemental universellement obligatoire au 1er octobre 2026. Le dispositif reste volontaire dans son principe.
Une marque qui ne communique sur aucun argument environnemental n'a aucune obligation nouvelle à cette date. Le risque qu'elle prend en n'agissant pas n'est donc pas juridique. Il est réputationnel et commercial : quelqu'un d'autre écrira son score, avec des hypothèses qu'elle n'aura pas choisies.
Le coût environnemental est un score multicritères exprimé en points d'impact. Plus la valeur est élevée, plus l'impact du produit est important.
Il agrège :
Le calcul couvre l'ensemble du cycle de vie : matières premières, transformation (filature, tissage ou tricotage, ennoblissement, confection), transport et distribution, usage, fin de vie.
Sur l'étiquette, deux nombres sont visibles : le coût environnemental total du vêtement, et le coût environnemental rapporté à 100 g de produit. Ce second chiffre permet de comparer des coupes et des grammages différents, à la manière d'un prix au litre.
C'est le paramètre le plus déterminant du dispositif, et celui que les marques sous-estiment le plus. Le coefficient de durabilité divise le coût environnemental. Il est compris entre 0,67 (pour les produits les moins durables) et 1,45 pour les plus durables. Autrement dit, à impacts de production strictement identiques, le passage d'une côté à l'autre fait plus que doubler le score affiché.
Il se calcule à partir de deux critères, à parts égales.
Le nombre maximal de références de produits neufs proposées par la marque sur le segment de marché de la référence considérée. Cinq segments sont retenus : femme, homme, enfant, bébé, sous-vêtement.
L'indice vaut :
Les 5 segments de marché considérés sont : femme, homme, enfant, bébé, sous-vêtements. L'introduction de ces 5 segments de marché vise à éviter un effet de distorsion qui pénaliserait une marque couvrant l'ensemble des segments de marché par rapport à une autre marque qui ne couvrirait *qu'un ou plusieurs segments (*par exemple que le prêt à porter femme).
À l'intérieur de ces segments de marché, ne sont pas considérés les références qui ne s'adresseraient qu'à un sous-ensemble spécifique des clients potentiels. Il s'agit par exemple des références spécifiques aux grandes tailles, aux femmes enceintes, aux personnes en situation de handicap.
Valeur par défaut si le paramètre n'est pas renseigné : 100 000 références par segment, soit un indice à 0. C'est également la valeur appliquée aux marques principalement distribuées via une plateforme en ligne, ou ne disposant pas d'identifiant unique REP.
Deux composantes :
Acteurs concernés : tous les producteurs, importateurs et distributeurs qui mettent des vêtements sur le marché français, quelle que soit leur origine, entreprises françaises ou non.
Produits inclus : les textiles d'habillement adultes et enfants. Onze catégories sont couvertes : t-shirt et polo, chemise, pull, pantalon et short, jean, jupe et robe, manteau et veste, maillot de bain, chaussettes, boxer et slip, caleçon.
Exclusions actuelles :
Quelques catégories restent à encadrer au niveau de la notice méthodologique : soutien-gorge, doudoune rembourrée, déguisement, chemise 100 % soie.
C'est ici que se situe la charge réelle du chantier. Le calcul lui-même est instantané ; la collecte, non.
Le calcul du coût environnemental des produits nécessite la collecte de nombreuses données couvrant toutes les étapes du cycle de vie des produits : matières premières, fabrication, transport, usage, fin de vie.
Les enjeux d’une collecte de données précises :
En parallèle de l’affichage environnemental, ce travail de collecte de données vous fera gagner du temps en vous permettant d'alimenter d'autres exigences réglementaires : CSRD, ESPR, bilan carbone (scope 3), ou Digital Product Passport.
Chaque paramètre optionnel non renseigné bascule sur une valeur par défaut. Les plus lourds de conséquences :
Tout acteur qui communique un coût environnemental doit déclarer les données et le score sur le portail public. La DGCCRF peut contrôler la véracité des paramètres déclarés (composition, pays) en s'appuyant sur les obligations préexistantes d'étiquetage et sur la loi AGEC.
Seules certaines données déposées sont publiques :
Toutes les autres données restent accessibles aux seuls agents de l'État habilités pour les contrôles et le suivi du dispositif.
Dès le 1er octobre 2026, si une marque n’a pas publié le coût environnemental d’un produit, des tiers (distributeurs, ONG, médias, apps…) pourront le calculer et le publier en suivant la méthodologie officielle, sans accord préalable de la marque.
Or, faute de données spécifiques, ces tiers utiliseront les valeurs par défaut d’Ecobalyse, qui tendent à dégrader le score. Résultat : un coût environnemental plus élevé que si la marque renseigne ses propres données. Publier vous-même les coûts environnementaux dès maintenant vous garantit une représentation fidèle de vos produits.
Déployer l’affichage environnemental exige une hygiène de données importante et pouvant être chronophage :
Le temps moyen d’implémentation que nous constatons chez nos clients (pour une collection complète) est d’environ 6 mois. Plus vous commencez tôt en 2025, plus vous serez prêt pour 2026. En anticipant, vous pourrez également réduire la charge opérationnelle liée au nettoyage de données, au mapping des données et au calcul des coûts environnementaux de vos produits.
Calculer vos scores en 2026 permet de :
Les jeux de données nécessaires au coût environnemental servent aussi à :
L’investissement de 2025 vous permettra de nourrir plusieurs chantiers réglementaires et stratégiques à venir.
